novembre 2017 / Pascal Kirsch rencontre la promotion 2020

novembre 2017 / Pascal Kirsch rencontre la promotion 2020

Depuis la langue
Wolfram Höll est un jeune auteur allemand dont je viens de découvrir la première trilogie traduite en français chez L'Arche. Un recueil de trois pièces autour de la disparition :
de la mère – Erratiques
du père – Disparition du père
de l'enfant – Nous trois

Un mot sur une page, et il y a le théâtre disait Sara Kane.
Ici, l'écriture est réduite à l'essentiel : pas d'explications, pas de didascalies, de projets de décors...
Une suite de phrases, un découpage de locuteurs en colonnes. C'est proche d'une partition. Et il y a de la musique dans cette langue. Et beaucoup de silence. C'est dur comme la pierre, c'est un noyau qui protège en son cœur un fruit, une graine. C'est comme devrait être un acteur, je pense.
Je voudrais inviter la nouvelle promotion de L'ENSAD à explorer cet « atome » de théâtre, ce bloc d'écriture, qui se suffit presque à lui-même – en tant que langue, travail de la langue, poème si l'on veut – mais qui cherche l'oralité, l'adresse, la communauté, la choralité.
On sera loin des « situations », des « personnages », du « quatrième mur »... Et pourtant, j'ai l'intuition qu'une forme de théâtre naîtra d'une telle écriture. Et que c'est beaucoup ça, notre métier : reconnaître une écriture performative, agissante sur nous, hic et nunc, et la laisser nous guider vers une forme qui s'impose au plateau. Et nous verrons, au dernier jour du stage, où cela nous a mené, et ce que ça fait à un public.

Pascal Kirsch

 

 

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