janvier 2018 / La promotion 2020 en laboratoire avec Aurélie Leroux

janvier 2018 / La promotion 2020  en laboratoire avec Aurélie Leroux

À l’heure du Winner  ou du « A quoi tu sers ? »,  je rencontre le groupe 20 avec un thème : « vulnérabilités ». Je bégaie  sur le mot en leur annonçant. Nous en rions. Et déjà naît de la matière.
« Ne pas arriver à pleurer. Trop pleurer. Trop rire. Se sentir exclu. Aimer, crier qu’on aime. Juste vouloir être aimé. S’en foutre, être insensible, indifférent. Toujours chercher quelqu’un et lui sourire. La prochaine sur la liste dans l’ordre des choses. La peur de tomber. Avoir honte. Se mordre. S’ennuyer. Se cacher.  L’obsession sécuritaire. L’histoire de moi et moi qui débat à propos de moi. La destruction qui nous habite. La peur. Se sentir petit. De trop. Aimer quelqu’un et le lui dire. Le perdre ou perdre. La fatigue. La maladie. Être beau. La démesure.  La non norme. L’autoroute. Skype. Le noir. Les petits détails. Un trait. Une trace qui reste. Qu’est-ce qui reste après la vague ? Fuir loin de tout ce qui nous attache, nous rattache. Être attrapé par. Être vivant. Ne pas rentrer chez soi à noël. Être loin. Parler en poème. Être l’étranger. Moi, j’ai un problème avec ce mot « vulnérabilité » quelle est la frontière ?  Ne pas comprendre le monde où on vit. Être infirme. Le cœur qui bat, les mains qui tremblent.  Seuls ensemble. Être à côté. Suivre un papillon. Être très grand. Courir, courir, courir. Avoir le vertige. Juste chercher une fleur. Une étoile filante. Se rêver. Essayer d’être là. »
Commence ainsi tout un travail que nous mènerons ensemble pendant 5 semaines. Une fiction portera le projet : 12 personnes (inventées, volées au dehors) se trouvent à la même heure,  là, au même endroit. Elles ne se connaissent à priori pas. Elles sont toutes là, dans une nécessité qui leur est propre. Toutes saisies à un moment clef de leurs vies. Toutes, en attente de… exposées à…
 Je n’en dis pas plus. Nous essaierons dans un désordre ordonné, dans l’imprévisible du prévu, dans tout ce qui nous meut, de partager ce qui relie et soulève. Sur le fil d’une communauté et d’une singularité.
Aurélie Leroux

 

 

 

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